CRR : Qu'est-ce que c'est ?

Le CRR, pour Certificat Restreint de Radiotéléphoniste, est le certificat officiel qui atteste de la capacité d’un opérateur radio à utiliser une VHF à bord d’un navire. Il est délivré par l’ANFR (Agence Nationale des Fréquences), qui organise les sessions d’examen dans toute la France, en métropole et en outre-mer.

En 2022 (ça date mais ce sont les dernières données disponibles), plus de 6 000 candidats ont réussi l’examen du CRR. C’est un certificat courant, accessible, et qui ouvre des droits importants dès qu’on envisage de naviguer au-delà des eaux françaises.

Qu'est-ce que le CRR - Certificat de radio maritime

Le CRR : Qu’est-ce que c’est ?

La VHF : pourquoi c'est important

Avant de parler du CRR, un mot sur la VHF elle-même. La radio VHF est l’équipement de communication de référence en mer. Sa portée moyenne est d’environ 30 milles nautiques, soit près de 50 kilomètres — bien supérieure à celle d’un téléphone portable, qui ne fonctionne que près des côtes.

Un appel de détresse émis sur le canal 16 peut être capté par les organismes de secours qui veillent sur ce canal 24h/24, mais aussi par tous les navires équipés en VHF à proximité. C’est ce qui en fait un outil de sécurité incontournable, bien au-delà d’un simple moyen de communication.

CRR maritime ou CRR fluvial ?

Il existe deux versions du CRR selon la navigation pratiquée.
Le CRR Maritime est la version recommandée pour tous les plaisanciers naviguant en mer. Il autorise l’utilisation d’une VHF dans toutes les zones : maritimes, fluviomaritimes et fluviales. C’est la version la plus polyvalente.
Le CRR Fluvial est limité aux voies fluviales uniquement. Il ne couvre pas la navigation maritime.

Pour un navigateur côtier ou hauturier, le choix est simple : c’est le CRR Maritime.

Est-ce obligatoire ?

Cela dépend de la zone de navigation et du type d’équipement utilisé.

Dans les eaux internationales et étrangères, le CRR est obligatoire pour utiliser une VHF, sans exception. Sans CRR — ou son équivalent international le SRC (Short Range Certificate) — il n’est pas possible de naviguer légalement avec une radio VHF à bord.

Dans les eaux françaises, la situation est plus nuancée. Avant 2008 (réforme appliquée à partir de 2011), le permis côtier et le CRR étaient tous les deux obligatoires pour utiliser une VHF à bord. Depuis, une section radio maritime ultra simplifiée a été intégrée au permis côtier, ce qui lève cette double obligation dans les eaux territoriales françaises.

Dorénavant, le permis côtier seul suffit pour utiliser une VHF fixe ou une VHF portable dans les eaux territoriales françaises (12 MN des côtes) ; et le CRR ne devient obligatoire qu’au delà.

En revanche, sans permis côtier — c’est le cas de nombreux voiliers dont les propriétaires naviguent sans permis côtier — le CRR reste le seul certificat valable pour utiliser une VHF (fixe ou portable ASN), y compris en eaux françaises.

Une VHF portable sans la fonction ASN peut cependant être utilisée sans aucun certificat en eaux françaises depuis 2011. C’est “l’usage libre”.

En résumé : dès qu’on envisage de naviguer à l’étranger, le CRR est indispensable. Et pour tous ceux qui naviguent sans permis côtier, il l’est aussi en France (sauf VHF portable sans ASN).

À noter que quelle que soit la situation, toute radio VHF à bord — fixe ou portable, avec ou sans ASN — doit faire l’objet d’une licence délivrée par l’ANFR. Gratuite et rattachée au bateau, elle doit se trouver à bord en cas de contrôle.

Le CRR et la reconnaissance internationale

Le CRR français est équivalent au SRC (Short Range Certificate), le certificat radio reconnu au niveau international. Cette équivalence est importante : elle signifie que le CRR obtenu en France est valable dans les eaux étrangères et internationales, sans démarche supplémentaire.

L’anglais est la langue officielle de l’OMI (Organisation Maritime Internationale) pour la sécurité en mer. Maîtriser quelques mots du vocabulaire normalisé — et comprendre les abréviations internationales comme DSC, EPIRB, SAR ou MMSI — fait partie des compétences attendues d’un opérateur radio, et donc de l’examen du CRR.

C’est un point souvent ignoré, et pourtant essentiel pour tous ceux qui envisagent de naviguer en Méditerranée, en Atlantique, ou dans n’importe quelle zone hors eaux françaises.

Ce que couvre l'examen du CRR maritime

L’examen du CRR maritime porte sur trois domaines essentiels à la sécurité en mer.

  • Les généralités du service mobile maritime (6 questions) : le SMDSM (Système Mondial de Détresse et de Sécurité en Mer), l’organisation des secours en mer, les MRCC et CROSS, le système SAR (Search and Rescue)
  • La radiotéléphonie VHF (8 questions) : les différents types de VHF, leur puissance et leur portée, les canaux importants à connaître, la protection des fréquences, et quelques mots indispensables du vocabulaire normalisé — car l’anglais est la langue officielle de l’OMI pour la sécurité en mer
  • L’utilisation pratique de la VHF ASN — le SMDSM (10 questions) : le fonctionnement de l’ASN (Appel Sélectif Numérique, ou DSC pour Digital Selective Call en anglais), le MMSI (Maritime Mobile Service Identity), les types d’appel et de message, la gestion des appels erronés, les balises de détresse EPIRB, l’AIS et les transpondeurs SART.

Ce qui fait 24 questions au total. La moyenne est requise dans chacune des trois parties pour être reçu. L’épreuve dure environ 25 minutes : les questions sont projetées sur écran, lues par une voix synthétique, et le candidat dispose de 22 secondes pour répondre à chacune via une télécommande.

Les résultats sont communiqués par courrier une dizaine de jours après l’examen, avec le certificat en cas de réussite.

Pour aller plus loin

Si l’examen du CRR vous intéresse, ma formation radio VHF CRR couvre l’ensemble du programme : réglementation, radiotéléphonie VHF et utilisation pratique de la VHF ASN.

Elle est également incluse dans dans ma formation permis côtier.

Je vous invite à visionner le premier chapitre de ce cours, en accès libre.

Patrick Belliot — Formateur voile et nautisme